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Coulet, Jules. Le troubadour Guilhem Montanhagol. Toulouse: Imprimerie et Librairie Édouard Privat, 1898.

225,010- Guilhem de Montanhagol

 

Ce sirventes est à la fois un éloge de l'amour tel que le conçoit Montanhagol, pur, exempt de pensées mauvaises, principe de toutes les vertus, & un blâme, un « castiamen » des mauvais amants qui, en s'écartant de la vraie doctrine, déshonorent, compromettent l'amour lui-même & justifient les colères de ses ennemis. Sur le sens & la valeur de cette pièce, cf. Introduction, L'œuvre de Montanhagol. — Oui, l'amour est le mobile de toutes les belles actions, le principe de toute vie bonne, heureuse, exempte d'inquiétude, & l'on n'a de valeur que si l'on s'applique de tout son cœur à aimer. Mais l'amour réclame un cœur pur; on doit éviter tout ce qui pourrait nuire à l'honneur de celle qu'on aime, & l'on n'est digne du nom d'amant que si l'on recherche avant tout l'exaltation de l'objet aimé. C'est ainsi qu'il a aimé lui, se refusant tout plaisir qui aurait pu ternir le bon renom de sa dame, mettant au-dessus de toute chose l'intérêt de celle qui l'aime. Le bon amant porte, en effet, dans son amour la mesure, &, loin d'être défendu, un tel amour est béni de Dieu. Telle est la véritable doctrine d'amour, & les grands amants des temps passés n'en ont pas connu d'autre: l'oubli où quelques-uns tiennent maintenant ces maximes fait la honte de ce temps. On le blâmera sans doute de son sirventes, & ceux qu'il attaque lui en  garderont  rancune. Mais le premier devoir de l'homme de bien est de dénoncer les méchants. — La pièce adressée au jeune roi de Castille, Alphonse X, peu après sans doute après son avènement (1252), appartient à la dernière période connue de la vie du poète (1252- 1258). Cf. Introduction, La vie de Montanhagol.

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La date que nous venons de fixer exclut l'hypothèse que Montanhagol ait inventé la forme métrique de cette pièce. Maus (op. cit., p. 78), affirmant, sans doute sans raison, qu'elle ne pouvait être postérieure à 1225, se demandait si elle n'avait pas servi de modèle à une pièce de Peire Cardenal. On voit que s'il y a eu imitation, c'est plutôt le contraire qui est le vrai. En tout cas, la disposition strophique ab ab b cc bb- se retrouve dans un certain nombre d'autres pièces relevées par Maus (op. cit., p. 107, n° 310, & 88, n° 20). Mais de plus quelques-unes ont, comme la pièce de Montanhagol, la troisième rime c féminine. Ce sont: Bertran d'Alamanon, 8, 13; Bertran Carbonel, 14, 53, 57; Luquet Gatelus, 1; Peire Cardenal, 62, qui, à l'exception de Bertran d'Alamanon, 13, & de Luquet Gatelus, 1, ont enfin cette ressemblance avec notre sirventes qu'elles sont faites sur les mêmes rimes: atz, en, ansa. Montanhagol a-t-il imité Peire Cardenal ou un autre? C'est ce que nous ne pouvons déterminer.

 

 

 

 

 

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