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Français
S. Stronski

I. Mon chant provient d’un motif si courtois que je ne saurais y échouer ; au contraire je dois y réussir mieux que jamais je ne fis. Et savez-vous pourquoi ? Parce que c’est l’impératrice qui m’y invite. Il me plaîrait bien d’y renoncer, si elle me le permettait. Mais, puis qu’elle est racine et sommet des cience, il ne convient pas que mon savoir soit, à son appel, faible et lent, au contraire il faut que mon talent se double.
 
II. Et si j’ai déjà parlé dans ma chanson de calomniateurs ; (Dieu puisse les haïr), je veux, ici, les maudire sans réserve, et puisse Dieu ne pas leur pardonner d’avoir dit ce qui n’était pas vrai du tout ; c’est pourquoi celle à laquelle j’obéis me repousse et croit que j’aie fixé ailleurs mon sentiment ; c’est donc par une erreur bien grande que je meurs, perdant ce que j’aime de fin amour, parce qu’ils disent ce qui n’est pas.
 
III. Mais cela ne me fait pas perdre mon espoir, car j’ai toujours entendu dire que le mensonge ne saurait se cacher sans périr après un certain temps ; et, puisque la justice l’emporte sur une fausse accusation, il sera encore prouvé et démontré comment je lui suis fidèle ; je le suis, en effet, de bon coeur, si soumis et si docile que mon coeur fidèle et ma raison sont entrés en conflit dans cet amour, chacun croyant aimer plus fortement.
 
IV. Et si la Pitié ne m’y aide pas, que ferai-je ? Pourrai-je m’en séparer ? Non, parce que j’ai appris à mourir d’une telle façon que j’y trouverai un plaisir extrême ; car, au fond de mon coeur, je regarde son visage — et je souffre, car elle m’a dit qu’elle ne m’accordera pas ce que je lui ai demandé si longtemps — et [d’autre part] cela [de la regarder] ne me ravive point — et de cette façom je meurs entre des sentiments opposés (ou bien : en même temps ?].
 
V. L’aimerai-je donc en secret, voyant qu’elle ne daigne pas me tolérer ? Oui, car je la regarde au fond de mon coeur et je sais que, bon gré mal gré, je serai obligé de le faire, puis que le coeur tient le corps en prison et l’a si opprimé et subjugué, que, à mon avis, il ne lui laissera pas la liberté de s’en séparer ; j’attends plutôt si je ne pourrais pas la vaincre en souffrant, car longue souffrance et pitié vainquent là où force et ruse ne peuvent rien.
 
T1. Sire « Aimant », ce sera bien gentil si je meurs par ma dame d’une façon agréable, puis qu’en tout cas je dois mourir.

 

 

 

 

 

 

 

 

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