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Français
Jean Marie Lucien Dejeanne

I. A la fontaine du verger, là où l'herbe est verte, près de la grève, à l'ombre d'un arbre fruitier, avec le charme des blanches fleurs et du chant habituel de la nouvelle saison, je trouvai seule, sans compagnie, celle qui ne veut pas mon bonheur.
 
II. C'était une demoiselle au corps gent [beau], fille d'un seigneur de château. Et au moment même où je pensais que les oiseaux lui faisaient joie, ainsi que la verdure et la douceur de la saison nouvelle, et qu'elle voudrait entendre mes propos, elle changea bientôt d'attitude (de contenance).
 
III. Les larmes de ses yeux coulèrent près de la fontaine, et soupirant du fond du cœur : « Jésus, dit-elle, roi du monde, par vous s'accroît ma grande douleur, car l'outrage que vous subissez cause ma perte, puisque les meilleurs de tout cet univers vous vont servir, car tel est votre plaisir.
 
IV. « Avec vous s'en va mon ami, le beau, le gent, le preux et le puissant ; ici, il ne me reste que grande détresse, le désir souvent et les pleurs. A la male heure soit donc le roi Louis qui ordonne ces appels et ces prédications qui ont fait entrer le deuil dans mon cœur ! ».
 
V. Quand je l'entendis se désoler de la sorte, je vins vers elle près du clair ruisseau: « Belle, lui dis-je, trop de pleurs flétrissent le visage et ses couleurs ; il ne vous faut point désespérer, car celui qui fait feuiller les forêts vous peut donner beaucoup de joie. »
 
VI. « Seigneur, dit-elle, je crois bien ceci, que Dieu aura merci de moi dans l'autre vie, à tout jamais, comme de bien d'autres pécheurs. Mais ici il m'enlève celui qui accrut ma joie : rien ne me touche plus, puisqu'il est parti si loin de moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

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